La réponse des Franciscain(e)s au VIH

« Tenir la promesse » : VIH/SIDA, la Famille Franciscaine et la solidarité internationale
La pandémie du Sida demeure l'un des défis majeurs auquel la famille humaine est confrontée. Avec sa publication sur les tendances et les statistiques les plus récentes, l'ONUSIDA reconnaît que cette pandémie mondiale touche l'humanité tout entière et continue de tuer des vies innocentes. Des progrès limités ont été accomplis dans l'approvisionnement en anti retro-viraux et en médicaments pour le traitement des infections opportunistes dans les régions moins fortunées, mais le taux d'infection par le VIH continue d'augmenter.   Fondamentalement, ce sont les pauvres, les femmes, les filles et les gens qui sont marginalisés au sein de leurs sociétés qui sont les plus exposés au risque d'infection. Malgré les nombreux défis que la pandémie du VIH/SIDA présente, les individus, les familles et les communautés continuent de faire face avec courage, espoir et compassion.

Sources de préoccupations  :
Aujourd'hui, plus de 40 millions de personnes, hommes et femmes dont l'âge compris entre 15-49 vivent avec le virus du Sida dont plus de 17 millions sont des femmes et plus de 2 millions sont des enfants ayant moins de 15 ans. Les 2/3 de personnes vivant avec le virus viennent de l'Afrique sub-saharienne où 77% de nouvelles infections sont recensées parmi les femmes et de jeunes filles. En outre, le VIH/SIDA a engendré plus de 15 millions d'enfants orphelins à travers le monde et ce nombre pourrait dépasser les 40 millions d'ici 2020 si la tendance actuelle se maintenait.

Les familles affectées par le VIH/SIDA doivent hypothéquer leurs maisons, leurs animaux de labour et leurs outils et liquider tout leur revenu disponible pour payer des interventions médicales onéreuses. Les enfants et disproportionnellement les jeunes filles sont obligés d'interrompre ou d'abandonner leur éducation afin de se consacrer à la prise en charge de leur famille dont l'un voire les deux parents sont malades, agonisent ou sont morts et dans les structures sociales traditionnelles ont atteint leurs limites. Les grands-parents doivent assumer des responsabilités à cause du nombre grandissant d'enfants orphelins dépendants à cause de la pandémie.

Le taux de VIH parmi les médecins, les infirmières, les professeurs et autres professionnels continue de dépasser le nombre de nouvelles recrues dans ces branches d'activités et crée de sérieux problèmes dans les pays à fort taux d'infection, particulièrement au sud de l'Afrique.

La production agricole est aussi compromise à cause des taux alarmants de décès parmi la population rurale. La diminution de la capacité de production entraîne de manière imprévue mais accrue l'insécurité alimentaire dans certaines régions de l'Afrique de l'Est et du Sud. Dans plusieurs pays d'Asie et d'Amérique Latine, le manque de prise de conscience publique, la stigmatisation et la discrimination ainsi qu'une réponse timide des gouvernements n'ont pas permis de ralentir l'augmentation rapide des infections au VIH/SIDA.

La pauvreté et la race continue d'être des facteurs clés dans la propagation du VIH/SIDA en Amérique du Nord et en Europe de l'Est où un nombre disproportionné de personnes originaires d'Afrique et d'Amérique Latine, en particulier les femmes sont infectées. Par ailleurs, les nouvelles thérapies anti rétro-virales facilement disponibles aux personnes vivant en Europe de l'Ouest et en Amérique du Nord, ont créé un faux sentiment de sécurité et d'invulnérabilité et, peut-être, par inadvertance, contribué à accroître le taux de prévalence parmi certains groupes

Sources d'espoir  :
Face à beaucoup de défis, des gens courageux imbus d'espoir et de compassion doivent combattre la pandémie du VIH/SIDA. Plusieurs de ces efforts sont menés par des personnes vivant avec le VIH/SIDA.

Eglises, synagogues, mosquées et autres organisations religieuses dépassent les considérations historiques et idéologiques et forgent de nouvelles alliances afin de créer un espace pour l'espoir et le traitement. Les professionnels de la santé, les industries pharmaceutiques, le secteur privé et d'autres encore créent de nouveaux partenariats pour aider à assurer l'accès universel pour toutes personnes ayant besoin d'anti rétro-viraux et de médicaments pour le traitement des infections opportunistes et de fournir une prise en charge adéquate pour les travailleurs et leur famille.

Toutefois, beaucoup peut et doit être fait par les industries pharmaceutiques et les agences de la protection de brevets pour s'assurer que les gens vivant dans des pays faisant face à une urgence nationale de santé aient accès aux médicaments de qualité à bas prix de manière effective.

Les gouvernements fournissent des efforts considérables dans le cadre bilatéral et international pour combattre le VIH/SIDA mais eux aussi peuvent et doivent faire plus . De manière spécifique, un soutien accru devrait appuyer le Fonds Mondial pour la Lutte contre le SIDA, la tuberculose et la malaria.

Les agences impliquées dans l'éducation et la prévention ont contribué à une prise de conscience grandissant empêchant ainsi de nouvelles infections au VIH/SIDA. Cependant, une coopération plus grande est indispensable entre les agences qui ont parfois les visions éthiques contradictoires.

Le VIH/SIDA touche le cœur de l'expérience humaine ; il est le plus fréquemment transmis par les actes sexuels intimes qui ne font pas l'objet de discussion publique dans certaines sociétés ou groupes religieux. Les tabous liés à la sexualité humaine doivent être compris, respectueusement et soigneusement approchés si les « instruments » culturels et religieux disponibles dans une société donnée doivent devenir des forces pour des changements positifs dans le combat contre le VIH/SIDA.

C'est seulement à travers de tels efforts de l'ordre de la collaboration et de sensibilités culturelles que la famille humaine démontrera son engagement à la promotion de la personne humaine, indépendamment du genre, de la religion, de l'appartenance ethnique ou sociale ou encore du lieu géographique.

Les Franciscain(e)s et la lutte contre le VIH/SIDA
La Famille Franciscaine est activement impliquée dans la lutte contre le VIH/SIDA à travers le monde. Les frères et sœurs engagés sur le terrain gèrent des hôpitaux, des cliniques, des pharmacies et autres centres médicaux où les personnes vivant avec le VIH/SIDA reçoivent des traitements dans le respect de leur dignité humaine.

A Boksburg en Afrique du Sud et à Lomé au Togo, des traitements sont fournis aux personnes dans le besoin. Des sœurs franciscaines s'occupent des enfants orphelins du SIDA à Ndola en Zambie et à Gbagbam en Côte d'Ivoire.

A Bangkok en Thaïlande et à New Delhi en Inde, des Franciscains hommes et femmes, religieux et laïcs mettent à disposition à travers des centres médicaux et les communautés locales de paroisses, des traitements, des prises en charge et un accompagnement spirituel pour ceux ou celles qui sont infectés ou qui sont affectés par la maladie d'une de leurs proches. Les personnes vivant avec le virus participent à plusieurs de ces activités, ce qui constitue des modèles d'espoir et d'encouragement pour tous.

Franciscans International travaille actuellement avec l'Alliance oecuménique "agir ensemble" et autres organisations d'obédience religieuses et non-gouvernementales, des gouvernements, des compagnies pharmaceutiques et autres structures et personnes de bonne volonté afin d'assurer que toutes personnes aient accès au traitement.

Par ces moyens et biens d'autres encore, nous, membres de la Famille Franciscaine, nous engageons à tenir la promesse de travailler et de prier sans cesse pour que la dignité de toute personne, particulièrement celles vivant avec ou affectées par le VIH/SIDA, soit respectée.

Saint François d'Assise avait considéré que sa rencontre avec les marginalisés, qu'ils soient pauvres ou malades, comme des moments favorables dans sa vie, des moments de vérité, de justice, de grâce et de transformation. Peut-il en être autrement pour ceux et celles de nous qui croient à la vision franciscaine d'un monde nouveau et qui s'engagent à tenir la promesse  ?


BOITE DES STATISTIQUES
Personnes qui vivent avec VIH (2005)
Total: 40.3 Million
Adultes: 38.0 Million
Femmes: 17.5 Million
Enfants: 2.3 Million
(moins de 15 ans)
Nouvelles infections du VIH(2005)
Total: 4.9 Million
Adultes: 4.2 Million
Enfants: 700,000
(moins de 15 ans)
Mortalité en 2005
Total: 3.1 Million
Adultes: 2.6 Million
Enfants: 570,000
(moins de 15 ans)
Statistiques régionales (2005)
Personnes qui vivent avec le VIH

Afrique Sub-Saharienne
25.8 million
Afrique du Nord et Moyen Orient
510,000
Asie du Sud et du Sud-Est
7.4 million
Extrême Orient
870,000
Océanie
74,000
Amérique du Nord
1.8 million
Caraïbe
300,000
Europe de l'Est et Asie Centrale
1.6 million
L'Europe de l'Ouest et Europe Centrale
720,000
Amérique du Nord
1.2 million
Total
40.3 million