Introduction

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Plan d’action pour l’éradication de la violence contre les femmes

« La violence contre les femmes, une coutume dont on peut se passer »

Dans un monde où les crimes d’honneur, les maltraitances conjugales, les mutilations sexuelles, la lapidation, la stérilisation forcée, la mort pour cause de dot insuffisamment rentable et le commerce des femmes sont pratiques courantes, la violence à leur encontre apparaît comme une « coutume » largement acceptée dont on se passerait volontiers.

Les Nations Unies ont instauré le 25 novembre « Journée internationale pour l’éradication de la violence contre les femmes ».
FI encourage les Franciscains du monde entier à s’engager dans un effort commun pour changer les mentalités qui cautionnent les abus et faire reconnaître les droits des femmes au même titre que les droits humains.
Le rapport propose des moyens pour sortir les victimes de leur silence pesant et permettre la condamnation de leurs auteurs.

Selon la déclaration des Nations Unies de 1993, les violences sont « l’un des mécanismes fondamentaux qui maintiennent les femmes dans une position d’infériorité par rapport à celle des hommes ». En considérant les femmes comme inférieures, la violence envers elles semble aller de soi et le cycle continue. Leur soumission et les maltraitances qui en découlent doivent cesser. La violence est un crime et doit être traitée comme tel.

Après la 4ème Conférence mondiale sur les Femmes à Pékin en 1995, la violence à leur encontre est devenue une préoccupation majeure qui exige attention et actions. En 2003, la Commission sur le statut de la femme s’est fixé comme objectif prioritaire l’éradication de la violence qui reste toujours un problème mondial majeur, comme le montrent les exemples ci-dessous.

 

Selon le Service de l’information publique des Nations Unies :

• Au niveau mondial, les violences sexo-spécifiques provoquent davantage de décès et de problèmes de santé chez les femmes de 15 à 44 ans que le cancer, les accidents de la route et le paludisme réunis.

•Chaque année, 2 millions de filles de 5 à 15 ans sont livrées au marché du sexe.

•60 millions de femmes environ sont rayées de la population, surtout en Asie, tuées par avortements sélectifs, infanticides, sous-alimentation forcée et non accès aux soins médicaux.

•D’après des études récentes, plus de 130 millions de filles et de femmes, principalement en Afrique, ont subi des mutilations sexuelles et environ 2 millions encourent ce risque chaque année.

•Entre 20 et 50 000 femmes et filles ont été violées en Bosnie-Herzégovine pendant la guerre des Balkans et plus de 15 000 ont subi le même sort au Rwanda.

•Au Canada, le coût des violences domestiques s’élève annuellement à 1,6 billons de dollars, y compris les soins médicaux et les frais liés à la perte de productivité.

•Dans 9 pays d’Amérique du Sud, les violeurs qui épousent leur victime échappent à la prison.

•Des études révèlent qu’en Afrique sub-saharienne, les filles risquent d’être séropositives 5 à 6 fois plus que les garçons du même âge car elles sont souvent contaminées par des hommes plus âgés.

•Une étude de 1998 prouve qu’en Amérique du Nord, une femme sur six a été victime d’une tentative ou d’un viol. 22 % d’entre elles avaient moins de 12 ans et 32 % entre 12 et 17 ans au moment du délit.

• Selon des études récentes, le tiers des femmes et des filles de l’Union européenne seraient victimes de violences masculines.

« Violence contre les femmes : pas d’excuses, mais des actes pour qu’elle cesse.

Pour répondre concrètement au message de la Journée internationale pour l’éradication de la violence contre les femmes à travers le monde (j’ai repris le même terme utilisé plus haut), les Franciscains peuvent, par différentes actions, aider les victimes à sortir d’un silence pesant pour que les abus soient punis :

- Informer dans les écoles.
Encourager les éducateurs de tous les niveaux scolaires à donner un cours sur la violence contre les femmes, ses causes et ses conséquences. (L’expérience montre qu’au collège, il est judicieux de séparer les filles et les garçons.)
Inviter les étudiants à débattre de ce thème : en quoi cette violence est-elle mauvaise et comment diffuser cette conviction.
Organiser un forum à l’intention des étudiants pour présenter ce sujet de préoccupation à la communauté.

- Par le biais de discussions, homélies, programmes, soulever le problème de la violence contre les femmes dans la société : pourquoi se produit- elle, pourquoi est-elle acceptée, comment faire comprendre que les abus sont intolérables

- Lire et mettre en pratique le document pastoral de la Conférence des évêques des Etats-Unis (1992, révisé en automne 2002) « Quand j’ai crié au secours : une réponse pastorale à la violence conjugale contre les femmes ».

- Inviter une femme victime de violence à une assemblée paroissiale ou à une réunion scolaire et organiser un débat pour inciter la société à sortir de son silence complice.

- Eduquer les hommes !
Inviter les victimes à s’exprimer sur les conséquences psychologiques des abus.
Inviter les avocats des droits des femmes à en parler.
Demander aux hommes de proposer des solutions pour changer les mentalités et diffuser le message que la violence est inacceptable.

- Eduquer les femmes !
Leur faire comprendre que la violence est intolérable et les encourager à réagir.
Leur expliquer « le cycle de la violence » et leur donner les moyens d’en sortir (voir l’addendum).

- Encourager les paroissiens à demander une aide psychologique.
Conseiller aux personnes potentiellement violentes d’apprendre à résoudre pacifiquement les conflits.
Proposer des formations à la gestion de la colère et des adresses de services de conseils.

- Responsabiliser les étudiants qui pratiquent un sport.
Retirer la carte de membre d’une équipe aux sportifs violents.
Les entraîneurs doivent leur faire comprendre qu’un tel comportement n’est pas accepté.

- Afficher dans les paroisses et les écoles les renseignements utiles concernant les lieux d’accueil et les numéros d’appel d’urgence en cas de violence.

- Publier chaque semaine un slogan contre la violence dans le bulletin paroissial et inviter les personnes concernées à les afficher autour d’elles.