10 Décember 2009, Journée des droits de l’homme

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La diversité et l’égalité sont l’esprit même de la société. En effet, le principe de non-discrimination se trouve au coeur de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme que nous célébrons aujourd’hui. Pourtant, 61 ans après son adoption, nous sommes encore et toujours confrontés à d’insupportables atteintes à la dignité humaine, une dignité qui se trouve violée jour après jour.

Les gens à travers le monde souffrent de l’indifférence et des mauvais traitements, de la pauvreté et de la guerre. Ils/elles endurent une vie de misère, allant jusqu’à être forcés parfois, de se vendre eux-mêmes, ou bien leurs enfants, afin de survivre.

Nous sommes tous nés égaux, avec les mêmes droits. La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme indique que ces droits sont pour tous les êtres humains « sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation. »

Pourtant, des groupes entiers de personnes demeurent à l’écart de la société. On ne leur donne pas accès aux lieux de culte, on leur refuse l’accès aux mêmes sources d’eau, ou bien on leur interdit de s’associer librement avec d’autres. On ne respecte pas leur droit à la liberté de mouvement, et ils/elles ne sont pas parties prenantes aux processus de prise de décisions. Ils/elles n’ont pas de contrats de travail valables, pas de vacances ni de jour de repos.

Ils sont « invisibles ».

Ceci est le cas par exemple des Dalits en Inde, ou des enfants qui travaillent dans des ateliers d’exploitation au Pakistan. C’est aussi le cas pour ces femmes provenant d’Europe de l’Est, qui sont forcées de quitter leur pays afin de soutenir leurs familles, et qui finissent par « travailler » dans un bordel. C’est le cas des travailleurs migrants au Liban, abusés physiquement par leurs employeurs et qui sont régulièrement humiliés.

La pauvreté et la discrimination sont profondément liées: la privation et l’injustice sont à la racine de toute sorte d’exploitation, et notamment des formes contemporaines d’esclavage.

La servitude pour dette ou l’esclavage économique chronique d’un individu ou d’un groupe, est une des plaies qui affecte notre humanité, et qui va à l’encontre de cette Déclaration que nous commémorons.

Une personne est soumise à la servitude pour dette, lorsque son travail est demandé en échange du paiement d’une avance. Il s’agit souvent d’une petite somme, comme par exemple pour l’achat de médicaments pour un enfant malade. Une fois endettée, la personne perd le contrôle de sa situation de travail, et est obligée de travailler de longues heures, souvent sept jours par semaine, avec peu ou pas de salaire en échange.

La servitude pour dette se fait souvent de façon cachée, dans l’obscurité de la clandestinité. Cela fait qu’il est difficile d’en avoir une image précise et d’en connaître l’ampleur. Cela complique aussi les tentatives 

de l’identifier et de l’éliminer.

Cette année, Mme. Gulnara Shahinian, Rapporteur Spéciale de l’ONU sur les formes contemporaines d’esclavage, a souhaité attirer l’attention sur ce problème qui affecte des millions d’hommes, de femmes et d’enfants à travers le monde, et pourtant si peu connu.

La majorité de ceux qui souffrent de cet esclavage moderne sont aussi victimes d’extrême pauvreté, vulnérables et marginalisés au sein de leur société. La peur, l’ignorance de ses droits et la nécessité de survivre les empêche de dénoncer leur situation.

Nous sommes né libres et égaux en dignité et nous avons tous droit à ce que notre voix soit entendue !

Au cours des 25 dernières années, les personnes travaillant à Franciscans International ont combattu pour donner une voix à ceux /celles qui n’en ont pas ; ils / elles ont tenté de lever le voile de l’indifférence qui emprisonne les plus vulnérables. Nous croyons que les discriminations raciale, économique et ethnique peuvent et doivent être éradiquées, et que les ressources de ce monde peuvent et doivent être partagée équitablement.

Nous croyons que chacun de nous a la responsabilité de promouvoir le respect de droits de l’homme et la protection de la dignité humaine.

Nous croyons que nous sommes tous des défenseurs de droits de l’homme !